Pourquoi un projet d'atelier sur les abréviations ?

Si pour la paléographie moderne (à partir du XVIe siècle) existent maintenant plusieurs manuels (Bonnot et Rambeau, Barbichon, etc.) et recueils de fac-similés avec leurs transcriptions commis par des archives départementales (Ain, Maine-et-Loire, etc.) ou des associations généalogiques (CG Touraine), contrairement à la paléographie médiévale (Capelli, en italien), il n’existe pas de dictionnaire recensant et développant, c’est-à-dire donnant la signification des abréviations.

Ne se trouvent que des relevés d’abréviations, au cas par cas, avec parfois une ou deux planches dans le Dictionnaire des abréviations latines et françaises de Chassant, ou dans les rubriques paléographies de magazines (GéMagazine) ou des bulletins, utiles sur le moment, mais de consultation peu pratique quand on recherche une abréviation dont le sens échappe.Plus récemment, l’ouvrage de Roland de Tarragon, Écritures anciennes du XVe au XVIIIe siècle.

Exemples et formes de lettres, abréviations, mots et phrases d’après les originaux, actes des archives notariales et état civil (2004), est plus une méthode de déchiffrement, comme son titre l’indique, qu’un dictionnaire, mêlant abréviations et mots ou segments de phrases, sans précisions de dates, mais tenant compte du faciès de l’écriture.


Aussi, pour remédier, autant que possible, à ce manque, est proposée la constitution collective et collaborative d’un Dictionnaire des abréviations modernes en France (1453-1900), aux bornes chronologiques plus indicatives qu’exclusives.

Dispostion du dictionniare

Inspiré du 'Dizionaro de Capelli' et des Écritures anciennes de Tarragon, notre dictionnaire aura la structure suivante :

  • une introduction présentant le système abréviatif
  • des planches présentant, en fonction des écritures et de leur cursivité, le faciès des différentes lettres de l’alphabet : majuscule, minuscule en position initiale, médiane, finale, isolée ; pour chacune dans l’ordre chronologique.
  • le dictionnaire, en une trentaine de chapitres : chaque lettre de l’alphabet (A-Z), l’esperluette (&), les abréviations commençant par un brachygraphe (tel que 9 = com/con), les symboles, les abréviations débutant par un chiffre arabe.

Chaque chapitre comportera cinq colonnes :

  • fac-similé de l’abréviation
  • transcription de sa structure
  • développement en toutes lettres, éventuellement complété entre parenthèses du domaine (juridique, compte, etc.)
  • dates extrêmes de rencontre
  • lieux de rencontre